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Je ne suis pas une vraie trouillarde, j'aime parfois repousser ma peur, en faisant de l'Urbex par exemple ( braver l'interdit, le risque et le danger pour explorer des endroits désaffectés : clinique, maisons, châteaux...), mais en faisant les choses avec la conscience des risques....

Mais j'avoue que depuis quelques années et encore plus depuis quelques mois, j'ai peur, oui « JE SUIS CHARLIE », oui bien sûr, il ne faut pas céder à la peur et ne rien faire, alors je « fait », mais je suis terrifiée. Je continue ma vie, mes habitudes, mais la peur me prend, … souvent. Je me rend compte à quel point la vie est fragile et à quel point le hasard peut mal faire les choses.

Tout à commencé, lors de l'affaire Merah, à Toulouse, je travaillais dans un drive alimentaire à quelques kilomètres de l'école juive attaquée et pendant « l'attente », travailler sereinement était impossible, j'avais vue sur cette grande avenue et je relevais la tête à chaque bruit de moto ou scooter car Mohammed Merah roulait en scooter T-max. On ne savait pas ses projets, ses intentions réelles et la possibilité qu'il puisse débarquer ici et s'en prendre à nous, salariés de cette entreprise de toutes couleurs et de toutes religions, me terrifiait. Je m'imaginais face à lui, seule, dans mon bureau, seule porte d'entrée du bâtiment. Bref, l'angoisse de la possibilité....

En mai dernier, nous étions en week-end à Bruxelles lors de la tuerie du Musée , à 10 minutes près, on croisait le tueur dans la rue en sortant de la boutique de chocolat de Marcolini . Et puis avec tous les événements de ces derniers mois, je ne parle pas forcément des attentats terroristes, mais également des accidents/disparitions d'avions notamment, en Asie et cette semaine en France, la peur me tiraille. Elle se fait parfois discrète, parfois oppressante.

Mais je ne changerai pas mes plans pour autant, je ferai tout pour que le voyage prévu avec toute ma famille en Thaïlande, cet hiver, ai lieu, nous partirons en deçà du vol en avion et des tsunamis, avec un peu de chance on reviendra (tous).... Une pensée d'ailleurs à toute ces personnes qui perdent des êtres chers en voyages, cela me touche particulièrement, car ils sont partis à plusieurs et reviennent parfois seuls (cf : le tsunami de 2004 ou l'attaque du Musée en Tunisie cette semaine.)

Je voulais juste partager avec vous cette impression de vivre dans le danger en faisant des choses banales alors que nous devrions vivre tout simplement. Se dire qu'on a de la chance pour le moment d'être passé à côté de tout ça, d'être encore là... Aujourd'hui pas besoin de provoquer le danger, il est peut-être partout... Et c'est ça qui me dérange le plus depuis quand visiter un musée, partir en voyage scolaire ou aller faire les courses est synonymes de danger ?

Je suis peut-être finalement une vraie peureuse, car j'ai peur des risques qu'on m'impose mais pas de ce que je choisis.

 

Et vous ? Qu'en pensez-vous ?

 

PS : Biensûr, j'ai écrit cet article à chaud en apprenant que le crash de l'avion était un acte délibéré (terroriste ou pas), et ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder mon vase... Il fallait que je vous parle de tout ça...